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Chemin critique et ligne de base : lire un échéancier de chantier qui glisse

Le chemin critique est la plus longue chaîne d'activités liées du début à la fin : chaque jour perdu sur cette chaîne repousse la fin du projet. La ligne de base est l'échéancier approuvé, figé au départ, auquel on compare chaque glissement. Ensemble, ils disent non seulement que le chantier est en retard, mais quelle activité le cause et quelle marge il reste aux autres.

Sujet
Maîtrise de l'échéancier, méthode du chemin critique
Temps de lecture
6 min
Mis à jour
6 octobre 2026
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English

Ce que calcule vraiment la méthode du chemin critique

La méthode du chemin critique (CPM) prend les activités, leur durée en jours ouvrables et leurs liens logiques, puis fait deux passes. La passe avant donne à chaque activité son début et sa fin au plus tôt. La passe arrière, partie de la fin du projet, donne son début et sa fin au plus tard. La différence est la marge totale : le nombre de jours dont l'activité peut glisser sans repousser la fin du projet. Les activités sans marge forment le chemin critique.

La marge libre est l'autre chiffre à connaître : de combien de jours une activité peut glisser sans retarder l'activité suivante. Au chantier, elle dit au surintendant combien de latitude a un corps de métier avant de nuire au suivant.

Un petit exemple

Des fondations à la toiture, en jours ouvrables
ActivitéDuréePrédécesseursDates au plus tôtMarge totale
A. Excavation5AucunJours 1 à 50
B. Semelles et murs de fondation8AJours 6 à 130
C. Plomberie sous dalle4AJours 6 à 94
D. Dalle sur sol3B, CJours 14 à 160
E. Charpente d'acier10DJours 17 à 260
F. Services au site6AJours 6 à 1115
G. Toiture7E, FJours 27 à 330

Le chemin critique est A, B, D, E, G : 33 jours ouvrables. La plomberie sous dalle peut glisser de quatre jours avant de retarder la dalle ; les services au site ont quinze jours de marge. Si l'aciériste annonce cinq jours de retard, la toiture finit cinq jours plus tard. Si le plombier a trois jours de retard, rien ne bouge, mais il ne reste qu'un jour de marge à la plomberie et elle mérite qu'on la surveille.

Bien poser la logique

  • Liez chaque activité à au moins un prédécesseur et un successeur. Une activité laissée en l'air a une marge qui ne veut rien dire, et le chemin critique cesse d'être fiable.
  • Préférez la logique aux dates imposées. Une contrainte « pas avant le » est parfois nécessaire (un permis, une livraison), mais un échéancier rempli de dates fixes ne calcule plus rien.
  • Utilisez le lien fin-début par défaut, le lien début-début avec un décalage pour les métiers qui se chevauchent (le gypse peut commencer deux jours après le début de la charpente d'un étage), et gardez la raison de chaque décalage.
  • Planifiez sur un calendrier de travail avec les vrais jours fériés, les vacances de la construction et les hypothèses météo de la région, sinon toutes les durées sont fausses de quelques pour cent.
  • Gardez des activités assez courtes pour être mesurées : en règle générale, pas plus de deux périodes de rapport.

Ligne de base contre échéancier courant

La ligne de base est une copie figée de l'échéancier approuvé : dates, durées et, pour la maîtrise des coûts, le budget réparti dans le temps. L'échéancier courant, lui, bouge avec le chantier. Sans ligne de base, vous savez seulement où va le chantier ; avec elle, vous savez de combien il a dérivé et depuis quand. C'est aussi la référence de la valeur acquise : la valeur planifiée se lit dans la ligne de base, pas dans l'échéancier courant.

Beaucoup de chargés de projet gardent deux lignes de base : l'initiale, jamais touchée, pour l'historique et les réclamations, et une courante, refaite seulement après un changement approuvé qui modifie la portée ou les dates du contrat. Refaire la ligne de base parce que le chantier est en retard cache le problème ; la refaire après une prolongation approuvée est correct.

Jalons clés, ligne de base contre courant
JalonLigne de baseCourantÉcart
Structure terminée13 mars20 mars+5 jours ouvrables
Bâtiment fermé8 mai22 mai+10 jours ouvrables
Achèvement substantiel25 septembre9 octobre+10 jours ouvrables

Lire une fin qui glisse

Quand la fin projetée bouge, posez trois questions, dans l'ordre.

  1. Quelle activité la pousse ? Remontez le chemin critique à partir de la fin jusqu'à l'activité dont les dates ont bougé. C'est là que naît le retard, pas forcément là où il se voit.
  2. Le chemin critique est-il le même que le mois dernier ? Un nouveau chemin critique signifie qu'une activité qui avait de la marge l'a consommée. Il pointe souvent vers un problème d'approvisionnement (dessins d'atelier en retard, équipement à long délai) plutôt que vers le travail au chantier.
  3. Le retard est-il excusable ? Un changement du donneur d'ouvrage, une réponse tardive à une RFI ou une condition de site imprévue peuvent justifier une prolongation ; la productivité de vos propres équipes, non. Documentez-le pendant que les faits sont frais.

Décidez ensuite comment récupérer : changer l'enchaînement (deux étages en parallèle), ajouter une équipe sur l'activité critique seulement, chevaucher avec un lien début-début, ou accepter le retard et aviser. Accélérer une activité qui n'est pas critique coûte de l'argent et ne fait rien gagner.

L'écart d'échéancier en jours, pas seulement en dollars

La valeur acquise exprime l'écart d'échéancier en dollars (SV = VA − VP). Au chantier, on pense en jours. Présentez les deux : l'écart de la fin en jours ouvrables par rapport à la ligne de base, et le SPI pour la tendance. En fin de chantier, fiez-vous aux jours : le SPI revient vers 1,00 même sur un projet en retard. Pour les semaines qui viennent, traduisez le chemin critique en planification à trois semaines que les contremaîtres peuvent appliquer.

Dans Teyvor

L'échéancier de Teyvor calcule le chemin critique sur votre calendrier de travail à mesure que vous liez les tâches dans le Gantt, affiche la marge de chaque tâche et garde deux lignes de base, l'initiale et la courante. La vue d'ensemble compare la fin projetée à la fin au contrat et à la ligne de base ; quand un avenant approuvé a un impact sur l'échéancier, il ne s'applique qu'après votre confirmation, pour que la ligne de base reste une décision délibérée.

À retenir

  • Le chemin critique est la chaîne d'activités sans marge totale : un jour perdu là est un jour perdu à la fin.
  • La marge est une réserve partagée ; surveillez les activités dont la marge fond.
  • Figez une ligne de base avant de mesurer ; refaites-la seulement après un changement approuvé de portée ou de délai.
  • Quand la fin glisse, remontez le chemin critique jusqu'à l'activité qui a bougé.
  • Présentez l'écart d'échéancier en jours ouvrables, avec le SPI comme tendance.

Questions et réponses

Un projet peut-il avoir plus d'un chemin critique ?

Oui. Deux chaînes peuvent avoir la même marge nulle, ce qui rend l'échéancier plus fragile : un retard sur l'une ou l'autre repousse la fin.

À qui appartient la marge ?

Cela dépend du contrat. Beaucoup prévoient que la marge appartient au projet, disponible pour la première partie qui en a besoin ; d'autres ne disent rien, ce qui mène à des différends. Lisez les clauses sur l'échéancier avant la première réclamation.

La méthode du chemin critique fait-elle partie de l'examen PMP ?

Oui. Le chemin critique, les passes avant et arrière, la marge et la compression de l'échéancier font partie de la maîtrise de l'échéancier couverte par l'examen PMP.

À quelle fréquence mettre à jour un échéancier de chantier ?

Au moins chaque mois avec le rapport d'avancement, et chaque semaine pour la planification à court terme. Notez les dates réelles de début et de fin, les durées restantes et l'avancement, puis laissez la logique recalculer les dates.

Appliquez ces méthodes sur votre prochain projet : échéancier, budget, avenants et facturation au même endroit. Sans carte de crédit.

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